Comment éliminer la sétaire de la pelouse
La sétaire est une graminée qui pousse au milieu de la pelouse, c’est pourquoi la plupart des herbicides à feuilles larges capables de traiter les mauvaises herbes basses comme le mouron des oiseaux n’ont aucun effet dessus, pas plus que ceux visant les stolons envahissants du cynodon. Certains endommagent même le gazon environnant et laissent plus de terre nue pour les graines de l’année suivante.
Le problème est plus sérieux si vous avez des chiens. Les épillets de sétaire sont munis de barbes qui s’accrochent dans les pattes, les oreilles et le nez.
Ce guide explique comment se débarrasser de la sétaire, quand agir et comment éviter qu’elle revienne. Le calendrier commence en mars. Si l’on est déjà en août, l’essentiel de ce qui reste à faire cette année relève de la limitation des dégâts. Précision importante : depuis la loi Labbé, la vente de produits phytosanitaires chimiques de synthèse aux particuliers est interdite en France. Partout où un herbicide est mentionné plus bas, il s’agit donc d’une intervention à confier à un paysagiste professionnel, et non d’un produit à acheter en jardinerie pour soi-même.
Identifiez d’abord votre sétaire

La sétaire jaune, la sétaire verte et la sétaire géante appartiennent au genre Setaria et sont des graminées annuelles estivales.
Elles germent au printemps, poussent tout l’été et forment leurs épillets denses et hérissés en juillet et août. Toutes trois meurent au premier gel marqué. La sétaire jaune est celle que la plupart des jardiniers amateurs rencontrent. Elle se reconnaît à la base de la feuille : de longs poils soyeux se trouvent exactement à la jonction entre la feuille et la tige. On les voit en écartant la feuille pour regarder la collerette. La sétaire verte est plus lisse et ses soies restent vertes. La sétaire géante retombe à son extrémité et devient assez haute pour se voir depuis l’entrée de la propriété.
L’orge queue-de-renard (Hordeum jubatum) est la variété vivace, et malgré la ressemblance de nom, c’est une plante totalement différente sur le plan botanique. C’est une graminée de saison fraîche, qui repart chaque année depuis sa souche et colonise les allées, les bords de trottoir et tout endroit où le sol est compacté, salé ou mal drainé.
Son épi est plus long, plus doux et argenté, et il se désagrège en arêtes barbelées individuelles en séchant. C’est celle qui cause le plus de dégâts aux chiens.
Arrachez un plant et observez sa base. Si une souche persistante porte encore de la végétation de l’année précédente, il s’agit de la variété vivace. Passez alors directement à la section qui lui est consacrée plus bas.
Gérez les épillets avant toute autre chose
S’il y a des épillets mûrs actuellement dans la pelouse, la priorité est de les retirer, pas de traiter.
Tondez et ramassez les résidus. Ne les paillez pas en les remettant sur le gazon. Et ne laissez pas le bac ouvert dans le garage, où un chien pourrait y accéder. Tondre ne tue pas la sétaire : la plante repousse simplement un nouvel épillet plus bas en quelques semaines. Mais chaque épillet retiré représente plusieurs milliers de graines en moins dans le sol.
Vérifiez ensuite le chien : entre les doigts, dans les oreilles, le long du ventre. Observez aussi son comportement. Des éternuements soudains et répétés indiquent probablement une arête remontée dans le nez. Des secousses de tête constantes ou du grattage à une oreille signalent une arête dans le conduit auditif. Un chien qui n’arrête pas de lécher une patte a généralement une arête qui s’enfonce entre les coussinets. Le moindre de ces signes, ou une arête visible migrant sous la peau, nécessite une visite chez le vétérinaire. La fenêtre pour un retrait simple est courte.
Si toute la pelouse est déjà envahie
Le traitement localisé suppose une pelouse majoritairement composée de gazon, avec de la sétaire dispersée dedans. Si c’est l’inverse, et que la sétaire constitue déjà la pelouse alors qu’il ne reste du gazon que quelques plaques, un traitement localisé ne fait que perdre une saison.
Commencez par une tonte rase : réglez la tondeuse au plus bas et coupez toute la surface jusqu’aux tiges nues. Repassez ensuite avec un râteau ou un souffleur pour retirer chaque épillet du sol et de la pelouse. Tondre disperse les graines dans le chaume. Seuls le ratissage et le ramassage les font vraiment sortir du terrain.
La voie sans produit chimique la plus efficace pour une rénovation complète : couvrir la zone avec une bâche, ou plusieurs couches de carton et de paillis, pendant quatre à huit semaines en plein soleil d’été. La chaleur détruit à la fois les plants en place et les graines présentes dans la couche superficielle du sol. C’est plus long qu’un traitement chimique complet et l’aspect est peu engageant pendant l’opération, mais cela fonctionne sans rien pulvériser.
Autre possibilité : traiter toute la zone avec un herbicide non sélectif comme le glyphosate puis ressemer. Depuis la loi Labbé, ce type de produit ne peut plus être vendu à un particulier en France ; pour cette voie, il faut faire appel à un paysagiste professionnel, seul habilité à s’en procurer et à l’appliquer.
Dans tous les cas, ressemez avant les gelées. Une terre nue tout l’hiver n’est pas un problème réglé : c’est la plaque de sétaire de l’année suivante. Un mélange dense de fétuque et de trèfle blanc entre en concurrence pour exactement le sol nu et ensoleillé que recherche la sétaire, mieux qu’une fétuque seule. Cela vaut que ce soit après la bâche ou après une intervention professionnelle.
Une pelouse dense remplace l’herbicide de prélevée
Aux États-Unis, un herbicide de prélevée appliqué deux fois par an est la méthode la plus efficace contre la sétaire annuelle. Des matières actives comme la prodiamine ou le dithiopyr, vendues en jardinerie outre-Atlantique, ne sont pas homologuées comme produits phytosanitaires dans l’Union européenne. Elles ne sont pas non plus commercialisées sur le marché européen. La pendiméthaline, elle, est autorisée à l’échelle de l’UE. Mais depuis la loi Labbé, un particulier ne peut plus se la procurer ni l’appliquer lui-même sur sa pelouse en France.
En pratique pour un jardin particulier : la meilleure protection reste une pelouse dense et bien nourrie, sans zones clairsemées (voir la section plus bas sur la hauteur de tonte et le sursemis). Si une surface très touchée le justifie vraiment, on peut y ajouter l’intervention d’un paysagiste professionnel. Seuls les professionnels peuvent encore appliquer des produits à base de pendiméthaline, en général en deux passages :
- Premier passage au tout début du printemps, quand le sol reste au-dessus de 13 °C à 5 cm de profondeur pendant cinq jours d’affilée – le forsythia en pleine floraison est un bon repère.
- Deuxième passage six à huit semaines plus tard. C’est ce second passage qui referme la fenêtre par laquelle la sétaire germe en juin et juillet.
- Répartition de la dose entre les deux passages – le professionnel la calcule selon l’homologation du produit et la surface de votre pelouse.
L’arrosage conditionne le résultat
Qu’il s’agisse d’un traitement de prélevée professionnel ou d’un sursemis, sans un arrosage adapté, ni l’un ni l’autre ne fonctionne de façon fiable.
- Arrosez dans les 24 à 48 heures. La plupart des indications demandent 6 à 13 mm d’eau – vérifiez la quantité exacte sur l’étiquette du produit.
- Évitez d’arroser trop peu. Un manque d’eau laisse des trous dans la barrière, et la sétaire finit par y pousser quand même.
- Évitez d’arroser trop d’un coup. Sur un sol dur ou en pente, un arrosage trop généreux peut enfoncer le produit trop profondément ou le rincer vers la rue.
Mesurer une quantité d’eau précise avec un tuyau et un minuteur est difficile. L’Aiper IrriSense simplifie la tâche. Il combine un contrôleur, une électrovanne et un arroseur rotatif en un seul appareil, couvrant jusqu’à 446 m² (4 800 sq ft) avec une portée d’environ 12 m (39 ft). Il se raccorde à un tuyau d’arrosage standard en environ 15 minutes, avec quatre piquets et sans creuser.
Voici comment il aide pour un traitement de prélevée ou un sursemis :
- Arrosage par hauteur d’eau. Vous réglez la quantité dans l’application, donc 6 mm correspond réellement à 6 mm.
- Couverture homogène. EvenRain répartit l’eau comme une pluie légère, ce qui maintient le produit ou les graines en surface du sol et évite le ruissellement sur les pentes.
- Détection météo. La détection de pluie intégrée et la planification selon la météo sautent l’arrosage quand la pluie approche, pour ne pas diluer un traitement ou un sursemis récent.
- Gestion par zone. Un coin ombragé qui sèche lentement peut être arrosé selon son propre calendrier, séparément du reste de la pelouse.
La gestion par zone aide aussi après la saison de prélevée. La sétaire jaune prospère en sol humide, donc éviter qu’une partie du jardin reste détrempée rend son installation plus difficile.
Que faire en cas de fenêtre manquée

Le contrôle sélectif en post-levée d’une graminée au sein d’une pelouse en graminée reste, de toute façon, très limité. Les matières actives concernées, comme le fénoxaprop-P-éthyl, sont réservées aux professionnels dans toute l’UE. Pour un jardin particulier, les solutions mécaniques restent donc la voie principale.
Pour une poignée de plants isolés, un pulvérisateur n’est même pas nécessaire. Arrachez-les à la main après une pluie ou un arrosage, une fois le sol ramolli. Le système racinaire de la sétaire est peu profond, mais seul un arrachage en sol humide sort la plante entière. Sur sol sec, on ne casse que la partie aérienne, et la racine repart.
Le vinaigre ménager à 5 % d’acide acétique ou plus fonctionne également, si vous préférez pulvériser plutôt qu’arracher. Cela ne marche toutefois que tant que la plante est jeune. Une fois le système racinaire établi, le vinaigre brûle les feuilles, mais la plante repart de ses racines en quelques semaines. Au-delà d’une poignée de plants, faites appel à un paysagiste professionnel disposant d’un produit sélectif adapté. Il n’y a de toute façon aucune raison de traiter toute la pelouse.
Le moment compte plus que le produit. Une sétaire à un ou trois talles, avant l’apparition d’un épillet, reste maîtrisable. Une sétaire d’août avec des épillets mûrs, la plupart du temps non. Elle mourra de toute façon au premier gel. Mieux vaut alors investir dans le prélevée du printemps suivant que dans un traitement de rattrapage.
L’orge queue-de-renard demande une approche différente
Aucun herbicide sélectif ne traite proprement la variété vivace dans une pelouse. C’est la réponse honnête.
Un traitement localisé des souches avec un produit non sélectif relève, en France, du paysagiste professionnel, pas du jardinier amateur. Une fois le délai indiqué par le professionnel écoulé, ameublissez le sol et ressemez. Si vous laissez la zone nue, autre chose s’y installera avant votre gazon.
Plus utile encore : l’orge queue-de-renard est un symptôme.
Elle colonise les sols compactés, les terres salées près d’une allée ou d’un trottoir salé en hiver, et les zones basses où l’eau stagne après la pluie. Éliminer les plants sans changer ces conditions revient à recommencer l’année suivante, au même endroit. Aérez les bandes compactées. Reprofilez ou améliorez le drainage là où l’eau stagne. Rincez les sols salés au printemps.
Tondez haut et gardez une pelouse dense
Pour les pelouses de saison fraîche, visez 7,5 à 9 cm (3 à 3,5 in). Les graines de sétaire ont besoin de lumière et de terre nue et chaude en surface pour germer, et un gazon plus haut leur refuse les deux.
Une pelouse clairsemée en août, c’est la plaque de sétaire de l’année suivante. Sursemez en début d’automne avec un mélange dense de fétuque ou de fétuque-trèfle. Le trèfle occupe les espaces que la sétaire prendrait sinon.
Notez mars dans votre calendrier
La sétaire que vous avez sous les yeux aujourd’hui a déjà gagné. Ses graines sont au sol, et une bonne partie restera viable pendant encore trois ans.
Ce qui reste sous votre contrôle, c’est sa germination : une pelouse dense grâce au sursemis d’automne, une hauteur de tonte relevée, et un arrosage régulier et programmé plutôt qu’au hasard de l’ancien arroseur. Si une zone a vraiment besoin d’un traitement de prélevée professionnel, prévoyez aussi un rendez-vous pris à l’avance avec un paysagiste en mars.
Faites cela, et dès le deuxième mois d’août, les épillets auront disparu de l’essentiel de la pelouse. Au troisième été, ils ne subsisteront qu’en bordure de trottoir. Et les bordures de trottoir, c’est facile.
